Industrie

Au XIXe et dans la première moitié du XXe siècle, Moirans participe grandement à l'essor industriel et agricole : l'agriculture est prospère, les papeteries, les tuileries, le textile sont florissants. La présence de l'eau (l'Isère et son affluent, la Morge) ont largement contribué à cette expansion économique.

 

Le tissage

 

LES TISSAGES  DE SOIRIES C. MARTIN (1853-1955)

Moirans était un centre de tissage très actif. Au XVIIe et XVIIIe siècles, le tissage du chanvre était un travail d'appoint durant l'hiver en complément des cultures. Embarquées au Port de Moirans, les pièces de tissus étaient transportées par voie fluviale notamment jusqu'à la célèbre foire internationale du Beaucaire. L'essor du tissage à Moirans au milieu du XIXe siècle, fait suite aux grandes grèves des canuts Lyonnais (1830-1840), les fabriques lyonnaises ayant alors détourné leur production sur le Dauphiné. Le tissage du chanvre à domicile continue à se développer, parallèlement à la création d'usines de tissage (Bouvard en 1850 et Martin en en 1853).

 

En 1853, M. Genin achète les moulins banaux de Moirans à M. Didier, pour installer son usine de tissage. Son gendre Séraphin Martin, puis ses descendants (Casimir, Georges et Roger) lui ont succédé jusqu'à la fermeture de l'usine en 1951, rue de Stalingrad et 1955 rue Séraphin Martin. La famille Martin avait entre temps racheté les tissages Bouvard-Giraud situés rue de Stalingrad qui ont fonctionné de 1850 environ à 1920.

 

Effectifs des ouvriers(es)

1882 : 350 chez Bouvard-Giraud / 350 chez C. Martin

1914 : 650 chez C. Martin Bouvard

1932 : 650 chez C. Martin

 

LES MANUFACTURES DE VELOURS ET PELUCHES (2ème moitié du XIXe siècle - 1955)

Dès le XVIIe siècle, Moirans a une industrie textile très développée. Installés depuis 1892 rue de Stalingrad, les tissages Bickert et Fils sont intégrés en 1922 à la manufacture de velours et peluches J.B. Martin, entreprise de textile lyonnaise.

 

L'entreprise employait une majorité de femmes aux métiers divers : dévideuses, ourdisseuses, canetteuses, tisseuses... Les hommes étaient employés pour l'entretien du bâtiment et des machines. De nombreuses familles vivaient de cet emploi : en 1914, 430 personnes travaillaient chez Bickert : 80 hommes, 320 femmes et 30 enfants.

 

La crise que connaît l'industrie textile dans les années cinquante entraîne la fermeture de l' entreprise en 1955.

 

Les Papeteries Barjon(1583-1977)

A Moirans le premier moulin à papier est construit sur un canal alimenté par la Morge et creusé en 1480 par les Chartreux dans le secteur du Scey. L'existence de ce moulin est mentionnée dans un document dès 1583. L' exploitation de ce moulin semble cependant difficile et intermittente. Pendant deux siècles, on ne trouve aucune trace de cette activité sur les bords de la Morge

 

A la Révolution, M. Jay achète les biens confisqués aux Chartreux. En 1813 il revend à la famille Barjon la papeterie du Scey. La beauté et la constance de la qualité des papiers de Moirans est due à la pureté absolue des eaux de source.

 

L'essor de la papeterie est étroitement lié à celui de l'industrie textile dans le Voironnais. En effet, jusqu'au milieu du XIXe siècle, le papier est fabriqué à base de chiffons constitués de fibres contenant de la cellulose (lin ou chanvre). Puis s'introduisent peu à peu la pâte de paille et la pâte de bois.

 

En 1850, M. Barjon fait construire l'usine de la Piche, point de départ d'une véritable industrie papetière à Moirans. L'entreprise recrute sur place des familles entières. Si l'introduction du machinisme en papeterie réduit considérablement le personnel nécessaire à la fabrication, un nombre élevé de femmes sont employées au triage des chiffons, à l'examen et au classement des produits. Une main d'œuvre experte est employée au façonnage qui exige des manipulations nombreuses et délicates.

 

Les deux guerres mondiales stoppent l'essor industriel de Moirans. En 1942, Roger du Marais, Directeur de l'usine, résistant, meurt en déportation en Allemagne. La direction de l'entreprise est prise en main par sa sœur, Mme Olga Joly De Colombe qui sera jusqu'à la fermeture de l'entreprise, Président Directeur Général. En 1953, la société change de dénomination : les " Papeteries François Barjon ", deviennent les " Papeteries Barjon ".

 

La production est, à cette époque complètement réformée. L'usine utilise deux machines de 1,60 mètres de largeur assurant une production annuelle d'environ 5 000 tonnes de papier. En 1977, les Papeteries Barjon qui employaient encore 200 personnes en 1970 ferment définitivement leur portes.

 

En février 1986, dans un dernier souffle, la cheminée, symbole de la papeterie, s'effondre.

L'industrie papetière moirannaise entre dans l'histoire.

 

Les Tuileries

La communauté de Moirans a toujours été un bourg très actif où agriculture, artisanat puis industrie ont fait vivre un grand nombre de familles moirannaises. Vers le milieu du XIXe siècle elle connaît, grâce à l'industrie papetière (Les papeteries Barjon), aux Tissages Bickert et Martin, aux tuileries et briqueteries une activité économique florissante qui durera plus d'un siècle. La présence des fours à tuile est mentionnée dès la première moitié du XIX e siècle à Moirans. En 1843, le Sieur Pierre Magnan, aubergiste à Moirans, demande l'autorisation d'établir une tuilerie permanente (four à tuile) sur le bord de la route royale n° 85 de Grenoble à Lyon (sortie du bourg).

 

Un dénommé Desbernardy possède également un four à tuile. Mais c'est à partir de la seconde moitié du XIXe siècle que cette industrie se développe et prospère. La " Grande tuilerie mécanique " située avenue Marius Chorot, est fondée par Joseph Debernardy en 1848. Un second atelier, les " Tuileries et briqueteries modernes de l'Isère " s'installe route de la Gare probablement au début du XXe siècle. Les deux ateliers emploient environ une trentaine de personnes dans les années cinquante-soixante. Durant la guerre 1939-1945, l'activité n'est pas arrêtée. L'usine de la Gare est en effet réquisitionnée. A la libération, le besoin de main d'œuvre est important, et de nombreux ouvriers étrangers sont employés. Hormis les cadres et le personnel affecté à l'entretien, italiens, portugais, espagnols, algériens et polonais constituent la majorité du personnel ouvrier dans les ateliers.

 

Les femmes étaient embauchées pour enlever les " bavures " autour des tuiles. A elles, incombaient les travaux de retouche et de finition des tuiles. La société IRB (Industrie Régionale du Bâtiment), installée à Voreppe, rachète les ateliers de St Jean de Moirans, Voreppe et les ateliers de Moirans dans les années soixante. Mais dans un contexte national de crise économique et de coûts de fabrication trop élevés, les deux ateliers ne sont plus rentables et sont fermés. L'atelier avenue Marius Chorot ferme en 1970. L'atelier situé Route de la Gare a fermé définitivement ses portes en 1972.

 

La technique

Une fois l'argile extraite il y a un important travail de broyage et malaxage. La préparation se faisait vers la Gare et la fabrication se faisait entièrement route de la Gare. On produisait des tuiles, des briques pleines qui servaient à la fabrication des maisons et des cheminées, des moellons (briques creuses).

 

Le travail est essentiellement manuel puis sous la direction de M. Breton (l'usine a été rachetée par la société IRB en 1962), l'usine de la Gare se modernise notablement dans les années soixante. On s'équipe de pompes pour l'extraction de l'argile (auparavant elle se faisait à la main), de pelles mécaniques ainsi que des wagonnets et des élévateurs pour le chargement et le transport des briques. Les briques sont vendues aux entrepreneurs de la région (Savoie, Haute-Savoie, Isère). La production augmente alors considérablement allant jusqu'à 35-40 tonnes / jour (le volume de production est plus important à l'usine de la Gare). Lorsque les sous-sols seront épuisés, l'extraction de l'argile sera délocalisée sur les communes de la Buisse et du Pin. La préparation de l'argile est également transférée au Pin et à Sinard (Trièves). La ville a acquis un buste de Marianne fabriqué en 1870 par les Tuileries Debernardy, implantées à Moirans.



 

Agenda

Samedi 29 juillet 2017

Cinéma en plein air

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Film d'animation pour toute la famille « Oups, j’ai raté l’Arche » à 21h30  

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